C’est en stage à Valence avec l’équipe de France qu’Audrey a appris l’éventuelle supression du Tour de Bretagne féminin , épreuve qu’elle a remportée en 2013.

C’est dans une interview avec Philippe Priser pour le journal Le Télégramme qu’elle a pu s’exprimer.

 

> Audrey Cordon-Ragot, comment avez-vous appris la fin probable du Tour de Bretagne ?
Je l’ai appris, jeudi, sur les réseaux sociaux. J’étais avec les jeunes Bretonnes (Typhaine Laurance, Lucie Jounier et Cécilia Le Bris) de l’équipe de France à Valence. Quand on a vu ça, sincèrement, on était choquées. On a toutes découvert le haut-niveau international grâce au Tour de Bretagne féminin. On ne serait pas là sans cette épreuve. Personnellement, j’ai dû le courir quatre ou cinq fois. C’est une épreuve de référence et ce serait une véritable catastrophe de la voir disparaître. 

> Faute d’organisateur, le Tour de Bretagne 2017 est pourtant plus que menacé…
Oui et c’est ça qui paraît incroyable ! Le problème n’est pas d’ordre financier comme cela peut parfois arriver. Cette fois, personne ne veut prendre le relais de Claude Cuny à la tête de l’organisation et je trouve ça désolant. C’est triste… J’espère que les choses vont bouger. J’espère que les bénévoles vont se mobiliser. La course ne peut pas disparaître, c’est impossible ! 

> Comment faire ?
Quand on voit le succès du Tour de Bretagne masculin, on pourrait, pourquoi pas, imaginer une passerelle entre les deux courses. Les deux épreuves présentent d’ailleurs des points communs : comme le Tour de Bretagne masculin, le Tour de Bretagne féminin a révélé des filles qui font désormais partie du top niveau mondial. La Néerlandaise Anna Van der Breggen, championne olympique en titre, a remporté l’épreuve en 2012, Marianne Vos a brillé sur la course (en 2009), l’Italienne Elisa Longo Borghini l’a emporté en 2014 et j’en passe. C’est simple, les stars du vélo féminin sont toutes passées par le Tour de Bretagne. Le Tour de Bretagne est un tremplin vers le meilleur niveau mondial. Et là on constate quoi ? Que le Tour de Bretagne a un seulement un intérêt pour les hommes. 

 > Que préconisez-vous alors ?
La région Bretagne, qui est quand même la région du cyclisme, doit se mobiliser. Pourquoi pas, je l’ai dit, avec le Tour de Bretagne masculin. En tout cas, ils ne peuvent pas abandonner le cyclisme féminin comme ça. Pourquoi les deux Tours de Bretagne ne feraient pas plus qu’un ? Je suis convaincue que des solutions existent. Je suis persuadée que la course peut-être relancée. Elle peut même s’améliorer sur certains points dans la mesure où le Tour de Bretagne féminin a toujours souffert d’un manque de médiatisation, de communication. C’est peut-être d’ailleurs pourquoi on en est là aujourd’hui.
 
> Vous êtes la porte-drapeau du cyclisme féminin en Bretagne. Est-vous prête à vous investir ?
Oui, évidemment ! Je suis prête à mettre la main à la pâte. Je suis prête à aller à la rencontre des élus bretons. J’ai déjà commencé à en parler autour de moi, à mobiliser des gens sur les réseaux sociaux comme Anna Van der Breggen. La région Bretagne aime le vélo et quand on est amoureux du vélo, on ne peut pas laisser mourir une course comme le Tour de Bretagne. J’espère que les politiques vont prendre conscience de l’urgence de la situation. C’est aux élus, aux collectivités, aux organisateurs d’y aller.
 
> Paradoxalement, le cyclisme féminin a retrouvé des couleurs, ces dernières semaines, à l’image de l’équipe FDJ – Nouvelle Aquitaine – Futuroscope…
Oui, le vélo féminin est pleine expansion en France et imaginer le Tour de Bretagne féminin disparaître me rend malade. Le Tour de Bretagne… Non, ce n’est pas possible. S’il s’agissait d’une épreuve sur la Côte d’Azur, d’accord mais pas en Bretagne. Pas dans la région du vélo. 
 
> Le Tour de Bretagne féminin faisait-il partie de votre programme en juillet prochain ?
Rien n’était vraiment décidé. En fait, j’attendais les dates de la course. Mais si l’épreuve a lieu cet été et si j’ai la possibilité de venir, je ne vais surtout pas m’en priver. Mon équipe ne sera pas présente mais je suis d’accord de venir disputer la course au sein de l’équipe de Bretagne. Je suis prête à venir donner un coup de main aux jeunes Bretonnes et à la plus grande course de la région. Car il faut être clair : avec les menaces qui planent sur le Tour de Bretagne féminin, c’est le cyclisme féminin breton dans son intégralité qui est en danger.

© Le Télégramme
© Philippe Priser

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